La sécurité des enfants et des adolescents doit être une priorité dans tous les environnements sportifs. Les clubs, les associations et les fédérations sont appelés à garantir des espaces où les plus jeunes peuvent s’entraîner, s’amuser et grandir sans subir de pressions psychologiques, de discriminations, de violences ou d’abus. C’est le principe qui était au cœur de la 19e Conférence des ministres responsables du Sport du Conseil de l’Europe, qui s’est tenue les 3 et 4 novembre 2026 au Grimaldi Forum de Monaco.
Organisée dans le cadre de la présidence monégasque du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, cette rencontre a réuni environ 300 participants, parmi lesquels 25 ministres et secrétaires d’État. Le thème retenu, « Un sport plus sûr et plus sain pour tous les enfants », a placé au centre des échanges la protection des mineurs, le bien-être psychologique et la responsabilité des organisations sportives.
À l’issue des travaux, les représentants des États participants ont adopté une résolution visant à renforcer la protection des jeunes dans le sport et à promouvoir des mesures concrètes de prévention et de contrôle.
La conférence a été ouverte par S.A.S. le Prince Albert II, qui a rappelé la valeur du sport comme instrument de rencontre et de cohésion sociale. Comme l’a souligné le Souverain, la pratique sportive possède une capacité unique à rapprocher les personnes et à promouvoir des valeurs communes. Toutefois, pour que cette fonction puisse pleinement s’accomplir, il est indispensable de garantir aux enfants et aux adolescents un environnement sûr, inclusif et respectueux.
L’intervention de la Princesse Charlène, ancienne nageuse olympique engagée depuis de nombreuses années dans la promotion de la sécurité aquatique et la protection de l’enfance à travers sa Fondation, a été particulièrement significative.
La Princesse a rappelé que chaque enfant doit pouvoir pratiquer un sport en se sentant protégé, écouté et soutenu. Le plaisir, la santé et le bien-être des jeunes doivent primer sur les résultats sportifs. Aucun jeune athlète ne devrait se sentir contraint de gagner à tout prix, d’ignorer la douleur ou de craindre de décevoir ses entraîneurs et sa famille.
Le sport contribue en effet au développement de l’estime de soi, de l’amitié, de la confiance et du sentiment d’appartenance. Ces bienfaits risquent toutefois d’être compromis lorsque la compétition devient une obsession ou lorsque les jeunes ne trouvent pas d’adultes disposés à écouter leurs difficultés.
Charlène a donc insisté sur l’importance de mettre en place des dispositifs sécurisés permettant aux jeunes de signaler des situations de détresse, des comportements inappropriés ou d’éventuels abus, avec la certitude d’être pris au sérieux et accompagnés.
Dans son intervention, elle a également évoqué le programme « Start to Talk » du Conseil de l’Europe, une initiative qui accompagne les organisations sportives dans l’adoption d’outils et de procédures visant à prévenir les abus sur les mineurs. Parmi les exemples cités figure celui de Chypre, où quatre fédérations sportives, dont la fédération de natation, ont mis en place des mesures spécifiques de protection.
Parmi les thèmes abordés lors de la conférence, une attention particulière a été accordée à la formation et à la sélection des entraîneurs, des moniteurs et des responsables des activités sportives.
Lors d’une rencontre avec la presse, le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, et le ministre d’État à l’Intérieur de Monaco, Lionel Beffre, ont souligné la nécessité d’adopter des règles communes, de vérifier les qualifications professionnelles et de renforcer la surveillance au sein des clubs et des fédérations.
Les compétences techniques ne suffisent pas, à elles seules, pour travailler avec des enfants et des adolescents. Les personnes qui accompagnent les jeunes dans leur parcours sportif doivent également posséder des compétences éducatives et relationnelles, être capables de reconnaître les éventuels signes de détresse et savoir comment intervenir face à des situations à risque.
La protection des mineurs nécessite également des procédures claires, des responsabilités bien définies et une coopération permanente entre les clubs sportifs, les fédérations, les autorités publiques et les services compétents. La coopération entre les pays européens et le partage d’expériences pourront contribuer à rendre les mesures de prévention plus efficaces et à en contrôler l’application.
Un autre point central des échanges a concerné la santé mentale des jeunes sportifs. Les attentes des adultes, la pression exercée par les entraîneurs et la recherche constante de la performance peuvent transformer le sport, d’une expérience éducative et positive, en une source d’anxiété, de peur et de souffrance.
S’entraîner, progresser et se mesurer aux autres sont des aspects importants du développement personnel, mais le résultat ne peut devenir le seul critère d’évaluation du parcours d’un enfant. La victoire ne doit jamais prendre le pas sur la santé, le respect de la personne et le droit de pratiquer un sport dans la sérénité.
Il est donc essentiel de former correctement les entraîneurs et les bénévoles, d’identifier des adultes référents et de favoriser un dialogue constant avec les familles. Les jeunes doivent savoir à qui s’adresser lorsqu’ils traversent une situation difficile et pouvoir compter sur un système capable de les écouter et de les protéger.
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a rappelé que les principes fondamentaux de l’organisation doivent également être respectés dans le monde du sport.
« Les droits humains, la démocratie et l’État de droit ne s’arrêtent pas aux limites du terrain de sport », a-t-il déclaré, rappelant le rôle éducatif de la pratique sportive dans l’apprentissage du respect des règles, des adversaires et des décisions arbitrales.
Berset a également exprimé sa reconnaissance envers Monaco et salué l’organisation de cette conférence, qui constitue l’un des rendez-vous importants du semestre de présidence monégasque du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe.
La conférence s’est achevée par l’adoption d’une résolution consacrée à la protection des enfants et des adolescents dans le sport. Le document vise à renforcer la coopération entre les États et les organisations sportives, en encourageant l’adoption de normes de protection, de formations spécifiques, de mesures de prévention des abus et de dispositifs de surveillance.
Le défi consiste désormais à transformer les engagements pris à Monaco en mesures concrètes, applicables et vérifiables au sein des organisations sportives. Un processus qui nécessite la mobilisation des institutions, des fédérations, des entraîneurs, des familles et de toutes les personnes qui accompagnent les jeunes dans leur pratique sportive.
Le message qui ressort du Grimaldi Forum est clair : le sport doit être un lieu d’épanouissement, d’amitié et de bien-être, où chaque enfant peut se sentir respecté et en sécurité. Avant de former des champions, le sport doit contribuer à faire grandir des personnes.

Ouverture Conseil de l’Europe Grimaldi Forum 2026
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