Pubblicato il 26 octobre 2026 da Redazione in Actualité, Événements, La Côte d'Azur, Nice

Cagnes-sur-Mer : le Château-musée Grimaldi célèbre 80 ans d’art et de collectionnisme

Jusqu’au 4 janvier 2027, une exposition au Château-musée Grimaldi retrace l’histoire de l’un des musées les plus singuliers de la Côte d’Azur. Des traditions oléicoles aux portraits de Tamara de Lempicka, en passant par les œuvres de Foujita et de Vasarely, le parcours met en lumière les dons, les rencontres et les chefs-d’œuvre qui ont façonné une collection d’environ 1 800 œuvres et objets.
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Immagine Cagnes-sur-Mer : le Château-musée Grimaldi célèbre 80 ans d’art et de collectionnisme

Dans le village médiéval du Haut-de-Cagnes, le Château-musée Grimaldi célèbre ses 80 ans avec une exposition consacrée aux origines et à l’évolution de son patrimoine artistique. Visible jusqu’au 4 janvier 2027, elle raconte comment un château transformé en musée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale est devenu un lieu dédié à la préservation de la mémoire locale et à la valorisation de l’art moderne et contemporain.

Aujourd’hui, les collections comptent environ 1 800 œuvres et objets, réunis grâce à des acquisitions, des recherches et surtout aux dons d’artistes et de collectionneurs. Documents d’archives, photographies, films et œuvres retracent les différentes étapes du développement du musée.

De l’ancien château à la création du musée

L’histoire du Château-musée Grimaldi commence en 1937, lorsque la commune de Cagnes-sur-Mer acquiert le château. En 1946, la municipalité décide de transformer le bâtiment en musée ouvert au public. Un projet ambitieux, alors que les salles ne disposent pas encore d’une véritable collection.

Denis-Jean Clergue (1906-1981), nommé conservateur, devient la figure centrale de cette aventure. Sous son impulsion, le musée développe une démarche qui associe la préservation des traditions locales à l’ouverture aux nouveaux courants artistiques.

L’exposition anniversaire retrace cette évolution en quatre sections et met en lumière les personnes et les circonstances qui ont contribué à façonner l’identité culturelle du château.

Le Musée de l’Olive préserve la mémoire de la Côte d’Azur

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L’une des premières initiatives de Denis-Jean Clergue est la création du Musée de l’Olive, destiné à documenter une activité agricole profondément ancrée dans l’histoire de la région, mais progressivement menacée par les transformations économiques et sociales.

Amphores, meules, outils en bois d’olivier et scourtins — des tapis traditionnellement utilisés pour presser les olives — témoignent des gestes et des savoir-faire liés à la production d’huile d’olive. Ces objets du quotidien deviennent ainsi les témoins d’un patrimoine culturel qui risquait de disparaître.

Cette volonté de préserver les traditions locales constitue le point de départ d’un projet muséal qui associe progressivement mémoire régionale et création contemporaine.

Les dons d’artistes enrichissent les collections

Dans les années 1950 et 1960, le musée se tourne vers la communauté artistique particulièrement active sur la Côte d’Azur. Faute de moyens suffisants pour acheter des tableaux, Denis-Jean Clergue privilégie les relations personnelles et la collaboration avec les artistes, parvenant à convaincre plusieurs d’entre eux de donner leurs œuvres.

Parmi les artistes représentés figurent Moïse Kisling, Roger Chastel et Tsuguharu Foujita. Leurs œuvres contribuent à faire du château un lieu de rencontre entre la culture locale et les grandes figures de l’art du XXe siècle.

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Un nouvel élan est donné en 1969 avec la création du Festival international de peinture, organisé en collaboration avec le ministère français des Affaires étrangères et inspiré par l’ambition internationale du Festival de Cannes. La manifestation se poursuit jusqu’en 2001 et permet au musée d’élargir ses réseaux culturels, favorisant notamment l’entrée d’œuvres contemporaines telles que Jazz collage de Victor Vasarely.

Suzy Solidor et le don qui marque un tournant

L’année 1973 constitue une étape majeure dans l’histoire du Château-musée Grimaldi. Cette année-là, Suzy Solidor, chanteuse et personnalité emblématique de la vie mondaine de la Côte d’Azur, fait don au musée de son remarquable ensemble de portraits.

La collection comprend des œuvres d’artistes renommés comme Tamara de Lempicka, Tsuguharu Foujita, Christian Bérard et Marie Laurencin. Parmi les pièces les plus marquantes figure le célèbre portrait de Suzy Solidor réalisé par de Lempicka, devenu l’une des œuvres emblématiques du musée.

Ce don ne fait pas seulement grandir les collections : il renforce également les liens entre le musée et l’histoire culturelle et artistique de la Côte d’Azur, une région fréquentée depuis longtemps par des artistes, des écrivains et des personnalités de la vie culturelle européenne.

D’André Verdet aux acquisitions récentes

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L’enrichissement des collections se poursuit au cours des décennies suivantes. En 2003, le musée reçoit un nouveau don important d’André Verdet, poète, artiste et critique, qui confie au château sa collection de portraits. Parmi les œuvres transmises figure également une création de l’artiste Ben.

Ces donations sont complétées par des acquisitions plus récentes de la commune, notamment des œuvres d’Yves Klein, de Foujita et de Marie Vassilieff. Ces pièces témoignent des liens entre Cagnes-sur-Mer, la Côte d’Azur et les évolutions artistiques du XXe siècle.

Cet anniversaire est ainsi l’occasion de rendre hommage aux artistes, mais aussi à toutes les personnes qui ont contribué à la constitution de la collection grâce à leurs recherches, leur passion et leur générosité. L’histoire du musée montre comment un établissement situé à l’écart des grandes capitales culturelles peut construire une identité forte grâce à la coopération entre institutions publiques, artistes et collectionneurs privés.

Visiter l’exposition au Château-musée Grimaldi

L’exposition consacrée aux 80 ans du musée est ouverte jusqu’au 4 janvier 2027, au deuxième étage du Château-musée Grimaldi, place du Château, dans le village médiéval du Haut-de-Cagnes.

D’octobre à mars, le musée est ouvert de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, tous les jours sauf le mardi. Le tarif plein est de 4 euros.

Pour les visiteurs qui découvrent la Côte d’Azur, cette exposition offre l’occasion de visiter un lieu où se rencontrent histoire, savoir-faire traditionnels et art moderne, tout en découvrant une autre facette de l’évolution culturelle de la région.